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Des échantillons pris selon les règles de l’art

Aujourd’hui, la précision en nutrition est tout aussi pertinente à la création de valeur en production laitière que le sont les GPS à l’agriculture de précision dans les grandes cultures.

 

Mais qu’est-ce que la nutrition de précision?

 

L’alimentation des vaches laitières demande une compréhension des besoins des animaux capables de produire beaucoup de lait et de composantes en utilisant les ressources disponibles à la ferme le plus efficacement possible. Le modèle nutritionnel Newton® est régulièrement mis à jour selon les dernières recherches disponibles pour permettre de balancer les rations le plus précisément possible.

OBJECTIF : Augmenter la production laitière de manière rentable et durable!

 

La prise d’échantillons, une étape cruciale

La nutrition de précision commence dès la prise d’échantillon à la ferme. Étant donné que les fourrages composent de 50 à 65 % des rations des vaches laitières, leur variation a un impact majeur sur la productivité. Pour préciser les apports en nutriments, il est essentiel de commencer par une prise d’échantillon rigoureuse.

 

Qu’est-ce qui varie le plus dans les fourrages ?

Une recherche effectuée au Vermont a démontré que la variation journalière était responsable de 48 % de la variation de la matière sèche (m.s.) dans l’ensilage de maïs et de 64 % dans l’ensilage de foin (voir Fig. 1, colonnes 1 et 2). Si vous repensez aux belles journées de récolte, il y a une grande variation de la matière sèche entre votre premier voyage d’ensilage et le dernier. Cela peut expliquer pourquoi elle varie dans le silo.

La procédure d’échantillonnage explique 30 % du reste de la variation, d’où l’intérêt de standardiser les méthodes de prise d’échantillon et de les appliquer rigoureusement.

 

Une importante variation de la digestibilité potentielle

Des tests menés par Shur-Gain sur une période de 5 semaines nous ont permis d’observer le même phénomène. La figure 2 démontre la variation de la digestibilité potentielle (D.P.) observée sur deux fermes laitières sur une période de trois semaines. Pendant cette période, l’ensilage de maïs de la Ferme 1 a une D.P. moyenne de 79,3 %. Par contre, vous pouvez constater que la D.P. varie de 75,2 % au plus bas à 81,9 % au plus haut, soit un écart de 6,7 %. L’ensilage de maïs de la Ferme 2 a quant à lui une D.P. moyenne de 74 %, variant de 72,4 % au plus bas à 75,4 % au plus haut, un écart de 3,0 %. La Ferme 1 avait un ensilage de meilleure qualité, mais les résultats y ont varié beaucoup plus qu’à la Ferme 2.

Par cette étude, nous cherchions à comprendre si cette variation provenait de l’ensilage lui-même ou de la technique d’échantillonnage, comme l’ont observé Normand Saint-Pierre et Bill Weiss (1) dans un article présenté lors de la Western Dairy Management Conference Reno, N.V., March 2015.

Une technique d’échantillonnage améliorée au service de la nutrition de précision

Ce n’est pas la fréquence mais bien la qualité de la technique d’échantillonnage qui vous assurera la plus grande précision. En effet, la suite de notre étude nous a amenés à faire une revue de littérature sur le sujet et une analyse statistique de plusieurs techniques d’échantillonnage en fonction des différents types d’entreposage, que ce soit le silo horizontal, le silo tour, les balles rondes ou carrées. Des procédures opérationnelles normalisées (PON) ont pu être développées pour aider le producteur à prendre plus efficacement les échantillons de fourrages.

 

Ajustez la ration à la variation de la matière sèche directement à la ferme

Les variations de matière sèche d’une journée à l’autre peuvent avoir un impact sur la performance de votre exploitation, que ce soit en matière de production de lait ou d’augmentation de coûts. Des rations tests faites à partir de Newton® ont permis de quantifier les effets de cette variation. Le tableau 1 démontre l’effet de la variation de la matière sèche (m.s.) d’un ensilage de foin 3e coupe qui passerait de 40,6 % à 34 % de m.s. La quantité d’ensilage de foin est de 17,8 kg lorsque la m.s. est de 40,6 %, mais si la m.s. du fourrage diminue à 34 %, les vaches manqueront de RTM à la fin de la journée s’il n’y a pas d’ajustements pour faire suite au changement de m.s.

Si vous décidez de nourrir l’équivalent de 2 vaches de plus au prochain repas, cela aura pour effet d’augmenter la quantité utilisée de tous les ingrédients (voir la 3e colonne du tableau) et donc d’augmenter les coûts d’alimentation par vache de 0,27 $ par jour et d’augmenter le pourcentage de concentrés de 35 % à 36,6 %.

Ajouter la vérification de la matière sèche de vos ensilages à votre routine 2 à 3 fois par semaine en utilisant un Koster pourrait vous permettre de prendre une décision plus éclairée. En réalité, l’ensilage étant plus humide, vous auriez pu simplement ajouter 21,2 kg par vache et non 17,8 kg pour avoir une ration équivalente.

Pour une productivité et une profitabilité améliorées, évitez les variations et testez les matières sèches à la ferme régulièrement en suivant les méthodes qui apportent le moins de variation. Demandez les procédures qui s’appliquent chez vous à votre conseiller en nutrition laitière Shur-Gain. Puisque les fourrages composent la majeure partie de la ration des ruminants, le fait de diminuer la variation peut vous permettre de vous assurer une productivité et une profitabilité améliorées.