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Une performance à vie avec le programme LIFESTART

LifeStart Performance à vie est un programme innovateur de régie et nutrition des veaux qui transpose les avancées de la science en solutions pratiques et durables à la ferme afin d’optimiser la performance laitière. Quelle est donc la science derrière le concept et quels sont les résultats espérés?

En quête d’une production de lait accrue et d’une amélioration de l’efficacité des entreprises laitières, on cherche depuis longtemps le meilleur moment d’intervenir pour influencer la production laitière des vaches. Pendant des années, nous nous sommes penchés sur la période de lactation comme telle, en nous tournant ultimement aussi vers la période de transition. Récemment, les chercheurs et les producteurs se sont aussi intéressés à l’importance du développement en début de vie.

 

Développement de la glande mammaire

La lactation commence au vêlage, mais avant même que la lactation ait commencé, la glande mammaire doit se développer. Cette étape se produit bien avant la période de gestation qui déclenche la lactation. Le développement de la glande mammaire n’est pas le seul facteur qui a un effet sur la production de lait. En fait, l’efficience alimentaire et la régulation hormonale sont d’autres facteurs métaboliques qui l’influencent. Tout comme le développement de la glande mammaire, l’efficience alimentaire et la régulation hormonale se développent alors que le veau est encore dans le ventre de sa mère. En tant que producteurs de lait, nous avons l’opportunité d’influencer ce développement en tout début de vie pour une meilleure performance à vie.

 

Impact de la nutrition en début de vie

Dans une étude qui examinait les effets de certains paramètres en début de vie sur la performance laitière de plus de 1 200 génisses, nous avons observé un lien très étroit entre le gain moyen quotidien (GMQ) avant sevrage et la production de lait, soit une hausse de 888 kg de lait pour chaque kilogramme additionnel de GMQ avant sevrage (Soberón, et coll., 2013). Les différences en matière de GMQ avant sevrage dans ces données se rapportaient surtout aux changements des besoins d’entretien liés à des changements de température pendant la période avant sevrage. Les résultats de cette analyse ont démontré que la régie et la nutrition en début de vie étaient responsables d’une variation de 22 % en matière de production laitière. Ces résultats sous-entendent que la nutrition en début de vie a un effet de 4 à 8 fois plus important sur la production laitière que la sélection génétique.

 

La quantité de lait (consommation d’aliments lactés) que les veaux consomment pendant leurs 60 premiers jours de vie (Graphique 2) peut influencer le développement de la glande mammaire, particulièrement le tissu parenchymateux, de façon à la faire grossir plus rapidement que le reste du corps. Le tissu parenchymateux est le tissu de la glande mammaire qui est responsable de la synthèse et de l’entreposage du lait. Au moment du sevrage, le tissu parenchymateux de la glande mammaire chez les veaux qui ont consommé plus de lait de remplacement était six fois plus volumineux que celui des veaux dont la consommation de lait avait été limitée. Cela confirme l’effet positif de la nutrition en début de vie sur le développement des veaux. Cependant, cette croissance accrue est seulement pertinente si elle se traduit en une augmentation de production laitière à long terme.

On a donc résumé toutes les études menées pour évaluer les effets de la nutrition en début de vie sur la première lactation. Un résumé de ces essais a révélé que les veaux qui ont reçu davantage de nutriments avant le sevrage ont produit environ 435 kg de lait de plus à la première lactation. Quand on a ajouté le GMQ avant sevrage à l’analyse, on a conclu que les génisses ont produit 1 540,7 kg de lait de plus pour chaque kilogramme additionnel de GMQ avant sevrage pendant leur première lactation (Soberón et Van Amburgh, 2013).

 

Des conditions qui font la différence

De plus, le colostrum s’est révélé entraîner tout une gamme d’effets à long terme à part de l’effet bien connu du transfert des immunoglobulines. Ces effets de longue durée ne sont probablement pas liés à l’immunoglobuline G (IgG), mais plutôt à la série d’autres facteurs et d’hormones de croissance que l’on retrouve en grandes concentrations dans le colostrum bovin, tels que l’IGF 1, l’EGF, la lactoferrine, la prolactine, l’insuline, la leptine, la relaxine, le TGF α et le TBF β. Les recherches récentes tentent de cerner l’effet de certains de ces facteurs sur le développement du veau.

 

LifeStart jette les bases de la performance à vie en augmentant la production laitière potentielle d’un veau de 2 000 à 3 000 kg par lactation, et ce, en servant du colostrum et en offrant un aliment lacté pendant les deux premiers mois de vie. Pour que tout cela se concrétise, il faut aller au-delà de ces actions dans le soin des veaux.

Quand un veau reçoit de huit à douze litres de lait ou de lait de remplacement par jour, le sevrage nécessite une attention particulière. On peut assurer le bon développement du rumen de ces jeunes animaux et prévoir une transition adéquate, mais on suggère fortement d’avoir recours à un sevrage graduel d’une durée de deux semaines (Graphique 2) (Khan et coll., Miller-Cushon et coll., 2013). Une fois les veaux sevrés, il est important de leur offrir une nutrition adéquate pour maintenir la protéosynthèse.

Dans le cadre d’une étude qui évaluait l’interaction entre la nutrition avant sevrage et les niveaux de protéines alimentaires après le sevrage, Moallem et coll. (2010) ont observé que les gains découlant de nutrition adéquate avant sevrage sont à risque si on n’offre pas des niveaux de protéines adéquats avant la saillie.

Dans cette étude, les veaux qui avaient reçu du lait entier avant le sevrage produisaient plus de lait standardisé que les veaux qui avaient reçu un lait de remplacement faible en protéines. Cependant, les veaux ayant reçu une ration contenant un niveau de protéine supérieur de 2 % pendant la période pré-pubère de 150 à 350 jours produisaient 2 kg par jour de lait standardisé de plus comparativement aux veaux qui avaient reçu le même lait entier, mais sans l’apport supplémentaire en protéines de 2 %. Cette étude appuie la théorie selon laquelle les gains ne peuvent être réalisés qu’à certains stades du développement, mais qu’ils peuvent être perdus plus tard dans la vie si les conditions environnementales, y compris la nutrition, ne sont pas adéquates.

 

Les veaux élevés selon ce modèle atteindront plus tôt des poids et des tailles adéquats à la reproduction. Il importe de souligner que le bon moment pour la première saillie d’une génisse est lorsqu’elle atteint 55 % de son poids corporel à maturité – il n’y a pas de rapport direct avec son âge. L’âge idéal pour le premier vêlage des Holstein élevées dans le cadre de ce programme est entre 21 et 23 mois. Des races de plus petite taille peuvent vêler à l’âge de 19 mois.

Ces données ont été confirmées en analysant la production laitière de la première lactation de plus de 10 500 génisses dans l’état de New York. L’âge au moment du premier vêlage se situait entre 19 mois et 33 mois. L’analyse a démontré que pour chaque mois additionnel au 23 mois recommandé, la production de lait des génisses était inférieure de 274 kg pendant leur première lactation.

 

Retour sur investissement et bien-être

La biologie et l’épigénétique ne sont pas les seuls facteurs qui ont été évalués pour déterminer le meilleur système d’élevage des veaux laitiers. On a aussi donné un poids considérable aux résultats économiques et au bien-être.

Le professeur Michael Overton de la University of Georgia a fait une comparaison économique entre l’élevage traditionnel et les recommandations LifeStart (Graphique 1). Il a utilisé des valeurs américaines pour établir les taux d’intérêt, le prix du lait, les frais vétérinaires et la valeur des vaches de réforme mais ses équations pourraient se transposer dans l’industrie laitière de n’importe quel pays. Dans son analyse, les veaux élevés dans le cadre d’un programme intensif coûtaient plus cher par jour à nourrir que les veaux élevés de façon traditionnelle.

Cependant, puisque ces veaux vêlaient trois mois plus tôt, le coût total d’élevage des veaux dans le cadre d’un programme à plein potentiel était égal au coût d’élevage des génisses dans le cadre d’un programme traditionnel. Et ces résultats ne tenaient pas compte de la production laitière supplémentaire des veaux élevés avec un programme intensif. Si on tient compte du lait supplémentaire, le coût d’élevage d’un programme intensif ou à plein potentiel présente des économies de 10 % par rapport au coût de l’élevage d’un programme traditionnel.

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